samedi 12 juillet 2008

Pour l'école des questions !

L'école donne des réponses à des questions qui ne se posent pas ou ne sont pas posées parce qu'inactuelles. L'élève apprend donc des réponses à des questions qu'il ne se pose pas et désapprend à poser des questions et d'abord celles qu'il se pose et dont il cherche réponse !

L'école est un lieu où l'on désapprend la vraie curiosité au profit de connaissances qu'on veut faire passer pour du savoir. Une réponse est une connaissance qui désapprend le goût d'aller voir par soi-même !

C'est pour cela peut-être qu'à force d'user ses fonds de culotte sur les bancs on acquiert le statut d'intellectuel, donc d'une élite qui ne saurait accepter n'importe quel poste de travail… Pour certains, c'est un peu le parcours du héron de la fable !

samedi 5 juillet 2008

Oser le changement !

"Pourquoi m'as-tu piquée ? Nous allons nous noyer !" demande la grenouille.
"Je sais, mais que veux-tu ? C'est ma nature !" répond le scorpion.

Mais la vraie nature d'une chose ou d'un être n'est-elle pas de changer, de soi-même ou du fait d'autrui, pour devenir différente et mieux de préférence ?

Un bloc de marbre peut devenir table d'autel, seuil d'écurie, élément de pierrier ou David de Michel Ange !

De même, la nature de l'homme n'est-elle pas de devenir ce qu'il est vraiment sous les apparences, les conditionnements et autres idées reçues ?

vendredi 27 juin 2008

Souvenir, souvenir...

"Il y a 68 ans... le général de Gaulle", titre cet hebdo local, entre d'autres titres sur le souvenir... de l'entrée en résistance !

On parle à tous propos de "l'exception française" ; la résistance française en est une ! Aucun autre peuple ne peut résister, il n'y a que nous et c'est l'exception française.

Quoi que les allemands aient pensé à l'époque, en France, il n'y avait pas des terroristes mais des résistants !

Les américains sont venus mettre un terme à cette résistance et, la laissant au titre d'exception, ils la gommèrent de leur esprit et n'en découvrirent nulle réplique, nulle imitation où que ce soit qu'ils allèrent porter la démocratie.

Enfin, cette démocratie là, telle qu'autorisée par les maîtres du monde serviteurs de Mammon !

samedi 21 juin 2008

Être ou ne pas être

déçu ?

Dubitatif sans doute mais de quoi ?

Oui, Diable ! de quoi ? de qui ?

J'ai appris !

Dans une société où règne le mensonge, la vérité n'est jamais reconnue ! Où règne la méfiance la vérité ne passe pas !

Suffira-t-il d'un seul pour racheter l'ensemble ? Qu'il soit remercié pourtant !

jeudi 19 juin 2008

Vous qui entrez, perdez toute espérance

J'aimerais avoir un meilleur souvenir de ma fête le 29/09/72 ! Ce soir là je fus passé à tabac et dépouillé de 170 F ! J'étais allongé, à trois ou quatre pas du trottoir, des gens passaient, ne pouvaient pas ne pas voir, continuaient de passer, un fourgon de police somnolait au coin, pas un cri pour l'alerter ! Et moi, je me découvrais incapable d'appeler à l'aide ! Je me découvrais incapable d'un bêlement de victime, j'encaissais les coups !

Mais il me faut aujourd'hui appeler à l'aide. Ce n'est pas moi qui reçoit les coups ! Il me faut donc apprendre à lancer un S.O.S. !

Le père est mort il y a quatre ans ! Aujourd'hui, la maman est hospitalisée ; palu ou typhoïde ne change rien au problème ; à la maison il manque le peu qu'elle rapporte d'ordinaire et ce "club des cinq" là tourne ses regards vers ceux qui passent, baisse les yeux vers leur main et n'osent pas la tendre ! Seulement un peu, parce qu'ils ont faim et qu'il faut payer encore l'hôpital.

Le lit, à l'hôpital, c'est 1 000 F la journée et les soins sont comptés 5 000 ! Neuf jours ce soir, demain on retournera pleurer pour avoir un sursis, encore ! mais où trouver ces 54 000 dus et ces autres milliers qui s'annoncent ?

Et maman est lasse et ne veut plus coûter, ne veut plus lutter ! Maman ! Nous avons besoin de toi ! Maman ! Reste avec nous !Et puis : Michel, dis lui ! Michel, aide nous !

Dirais-je que je ne peux pas ? Que je suis trop fier pour appeler au secours ?Mais s'il est vrai que je ne sais pas appeler à mon secours, je ne veux plus ignorer comment demander du secours pour d'autres !

1 000 F pour un lit d'hôpital où mourir si manquent les 5 000 F de soins ! Ce sont des Francs CFA, il en faut 656 pour un euro !
Chez le boutiquier, le kilo de riz est à 700 F ; mais le sac de 50 kg ne coûte que 16 000 F (320 F/kg) ; mais qui peut immobiliser une somme pareille ? Pauvres ici, soyez plus pauvres encore !Est-ce vraiment à l'intérieur des portes 'parturientes' qu'est gravé "Vous qui entrez, perdez toute espérance" ?

Je ne vous demande pas l'aumône, mais un juste partage : vous avez peu, il n'ont rien !Demain ou un autre jour devrais-je lui dire "Thibaut, (ou bien César ou Jocelyn) je n'ai pas su parler en ton nom et crier ta détresse" aurais-je démontré encore que je ne sais pas crier Au secours ! ?

Toutes ces années ! Perdues ? Vous qui me lisez, apprenez moi !

Thibaut, Jocelyn, Fidèle ou Gilchrist , moi et d'autres, nous vous disons merci !

mardi 17 juin 2008

"Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait !"

"C'est une grande difformité dans la nature qu'un vieillard amoureux."
Jean de la Bruyère

Mais pour Tino Rossi, "La vie commence à 60 ans !"

"Comme autrefois nous l'avons été
La jeunesse est pressée
Elle a ses problèmes et ses soucis
Nous les avions aussi
L'existence est une affaire de patience
Où chaque âge a ses plaisirs
Où il faut savoir vieillir
Avec le sourire

La vie commence à soixante ans
Quand on la connaît mieux qu'avant
Et que l'on a appris par cœur
Tous les raccourcis du bonheur
La vie commence à soixante ans
Quand on peut prendre enfin le temps
De répondre aux questions qu'on pose
De s'approcher plus près des choses

Les filles sont compliquées de nos jours
Elles le seront toujours
Toutes celles que j'ai connues dans le temps
M'en ont fait voir autant
Puis un jour un jour vient le grand amour
On fait le chemin à deux
Et la tendresse peu à peu
Nous rend plus heureux
Car

La vie commence à soixante ans
Quand on la connaît mieux qu'avant
Et que l'on a appris par cœur
Tous les raccourcis du bonheur
La vie commence à soixante ans
Quand on peut prendre enfin le temps
De répondre aux questions qu'on pose
De regarder plus près les choses

La vie commence à soixante ans
Quand on se réveille en chantant
Avec une voix toute neuve
Et un moral à toute épreuve
Quand on a encore tout à faire
Gratter ses roses être grand-père
Chaque instant est un commencement
La vie commence à soixante ans

La vie commence à soixante ans
La la ...
"

Je ne connaissais qu'un vers de ce chant, celui que fredonnait ma mère, quand a commencé sa vie il y a,... longtemps déjà.... !

C'est une chose connue et l'on sait bien que l'amour est une douce folie, qu'il n'est point d'âge pour être fou, de cette folie là surtout ! Oh ! Ce n'est plus l'amour amoureux et la passion des corps mais davantage cette fraternité d'âme et ce partage fait de tendresse que l'on nomme "amitié" .

Mais encore faut-il qu'il y ait eu déjà une vie avant, ou ...!!

jeudi 5 juin 2008

Bavardage

L'un peut être client de l'autre et vice versa, de l'un ni de l'autre je n'aime le bavardage ; j'ai appris à me passer de l'un mais j'ai encore besoin de l'autre !

Ceux que j'ai fréquentés étaient d'incorrigibles bavards ; les uns cependant n'attendaient point de réponse et même, d'une chiquenaude occipitale coupaient court ce cheveu là en même temps qu'à quelque mot ; les autres, ah ! ceux-là vous posent des questions quand vous "ouvrez grand" pour qu'ils usinent, karcherisent, sculptent....

Les coiffeurs et les dentistes sont-ils tous d'incorrigibles bavards ?

Il y a eu 32 ans aux dernières noix que j'ai cessé de confier mes oreilles à quelque bavard à rasoir !

samedi 31 mai 2008

Des tomates

Passant au rayon "fruits et légumes" j'ai vu des tomates ; toutes rouges du même rouge uniforme et comme teintes par trempage ; toutes saines d'apparence, sans une tache, une marque ; toutes de même forme et volume comme si une seule se refletait dans un écrin de miroirs !

J'ai craint de toucher de peur d'être déçu en découvrant qu'il s'agissait bien de véritable celluloïd ou que c'étaient bien des fruits véritables, je ne sais !









Photos clonées sans autorisation !

J'ai vu ces vrais faux fruits dans trois "enseignes" différentes.
Faut-il n'avoir jamais vu de tomate mûrir sur pied, n'avoir jamais croqué dedans après un frottage de manche, pour les trouver belles, attirantes, appétissantes ;
les trouver bonnes... l'essai ne me tente pas !




vendredi 23 mai 2008

Fantaisie ou réalisme ?

Je ne sais ce que Dieu sait de nous !

J'espère que le spectacle que nous lui offrons et lui offrirons encore lui est et lui sera agréable ; je l'imagine volontiers en train de rire et se moquer de nous ! Il est comme ça, Dieu, c'est un vaste éclat de rire dans l'univers ! Oh, il ne se moque pas vraiment mais trouve plaisantes nos gesticulations, le cinéma que nous faisons si souvent en parlant de lui ! Au début, il a même été fort surpris d'apprendre que c'était de lui qu'il était question (un peu comme la première fois que l'on entend l'enregistrement de sa propre voix !) !

Je sais bien qu'il regrette d'avoir choisi et élu ce peuple "à la nuque raide" qui, de tous temps, lui a posé des problèmes ! Mais, à cette époque on ne connaissait pas encore l'Amérique, le Texas et certains prêcheurs ! Il a fait au mieux, comme il fait toujours, Dieu, le moins pire possible !

Mais aussi, on le pressait tant : "moi ! moi ! moi !" alors, pour que soit la paix..... il s'est trompé peut-être !

Il ne savait pas, Dieu !

Car, en ce temps là, il n'y avait radio ni télé, pas d'internet pour diffuser les images et les paroles, tous ces messages qui parlent de lui et disent qui il est ! Il n'est pas habitué, il regarde encore par dessus son épaule pour voir de qui l'on parle en regardant vers lui !

C'est vrai que l'information circule mieux et il sait très vite qui il doit accueillir et honorer de façon privilégiée ; cela libère des pans d'éternité ; les anges peuvent s'occuper à mieux que tenir des fiches, qu'il faut classer et mettre à jour... il n'y a pas à dire, le progrès, c'est quelque chose !

La religion n'est pas Dieu !

Reprise du 06/12/06


dimanche 18 mai 2008

La monnaie, la part du diable ?

Si tu as 100 francs, tu veux plutôt en dépenser 101 que 99 ; mais, c'est vrai, que faire avec 1 franc ?
Attendre d’en avoir d’autres ?
Pourquoi donc ? Si tu en as d’autres tu n’auras plus besoin de celui-ci !

Alors tu dépenses, tu achètes pour plus de 101 francs même !
Tu reconnais bien un peu que tu as tort et tu t’en sers comme argument : « tu vois bien, je ne sais pas, il faut m’aider, donne-moi pour rembourser… ».

Est-ce ici, est-ce là-bas que l'on raisonne ainsi ? Sans doute est-ce dans la nature même de cela qui se nomme monnaie et les hommes, en tous lieux, ne font que suivre !

"La monnaie, sous forme de pièces en circulation, inventée par les grecs, était tenue à l'écart du pays des pharaons, parce qu'elle mettrait fin à l'économie de troc et entraînerait une irrémédiable décadence de la société. Le 'grand tordu' proclamait la prééminence de l'avoir sur l'être, augmentait la cupidité naturelle des humains et leur faisait toucher du doigt des valeurs monétaires détachées de la réalité."
Christian Jacq, La justice du Vizir – ed. Pocket p 251

vendredi 18 avril 2008

Un terroriste est un résistant qui ne gagne pas !

Les résistants étasuniens aux forces envahissantes talibanes en Afghanistan doivent être aidés ; soutenir l’opprimé contre la dictature est un devoir pour le peuple de la Patrie des Droits de l’Homme !

Les semenciers multinationalisés qui ont tant investi pour réparer les malfaçons divines, en créant les O.G.M., doivent être aidés ; c’est un devoir pour l’ancienne fille aînée de l’Eglise !

Pourquoi chicaner un conducteur qui dépasse d’un poil la dose admise, en deçà de 0,9% en plus de ce qui est autorisé, on devrait le considérer comme sans alcool en trop ! (Si le chiffre contesté pour déclarer l’absence d’O.G.M. est bien 0,9% de présence !)

N’être qu’un peu présent marque une absence totale !

mardi 22 janvier 2008

Fauve,

A quelques pas, grise sur fond roux, une pelote se dépêche de traverser la vons, quittant un abri pour se réfugier dans un autre, fuyant quoi, cherchant quoi, qui sait ce qui hante la cervelle d’un rongeur ?

Je parle de rongeur, mais qu’en sais-je bien en fait ? Cet animal furtif, tout juste entrevu, parce que mon œil est lent à reconnaître les détails, je le classe parmi ces êtres dépréciés, jugés déplaisants, voire malfaisants, pourquoi ?

Timides et discrets, on leur attribue volontiers tous les méfaits dont on ne connait pas l’auteur ; notre espèce, si riche en menteurs, n’aime pas ceux qui semblent agir par en dessous, par derrière, ce qui est sournois comme une maladie, lancinant comme un remord, torturant comme le doute, l'angoisse..! Elle, si riche en individus sans foi ni loi, n’aime pas ce qu’elle nomme vermine ou parasite.

Nous ne classons pas d'emblée dans cette catégorie animale les lapins, cobayes et autres hamsters de compagnie, pas plus que nous ne classons dans son pendant humain les exemples et modèles par fonction : ministres, docteurs, maîtres, clercs ..!

Mais, qui sait si cet animal que je viens de voir, n’est pas un tigre, un lion ou quelque guépard venu, déguisé, visiter ce domaine de ses ancêtres que ceux de notre espèce se sont attribué ?

Je sais bien que c’est cela que j’ai vu et, si je ne l’ai pas reconnu, c’est parce que par sa magie le fauve laisse du flou dans l’image qu’il nous montre !

dimanche 13 janvier 2008

Vraiment, les accidents existent-ils ?

Hier,

Je pelais paisiblement l’oignon de ma sauce, mes verres troublés par les larmes, quand une vive brûlure me mordit le flanc ! D’une œil, je vis l’avide dame attablée, serviette au cou, béate, suçant-pompant !

Comme toujours, j’ai voulu la saluer d’un vaste splatch, j’oubliais le couteau, pointu, aiguisé de neuf... J’aurais pu en transpercer l’animal, me trancher la rate ou seulement balafrer le bras gauche qui, sous le choc, expédia sans frais l’oignon dans l’évier !

Je crois bien que la dame s’en est tirée indemne ! Et je n’ai, au flanc, que la marque du baiser qu’elle y fit ; nulle estafilade, nulle égratignure !...

Alors, vraiment, les accidents existent-ils ?

Lorsque, jetant un coup d’œil sur les années passées je vois les risques courus, les accidents frôlés et ceux qui n’ont pas eu lieu malgré les risques réels, notamment sur la route, je m’interroge !

Etait-ce un ange qui veillait sur moi ou était-ce ce moi dont je suis le véhicule qui redressait ma conduite par simple besoin de poursuivre sa route avec moi ? Une affaire de karma ?

Alors, vraiment, les accidents existent-ils ?

Mon premier accident sanctionnait mon orgueil de me croire meilleur conducteur que… tous ! J’étais seul en cause et le mur que j’ai embrassé n’a pas fait d’écart ; au lieu d’aller virer dans le chantier, j’ai voulu prendre le virage imprévu à travers la mare de graviers !

Les autres furent des rappels à l’ordre : l’un de ma popularité, puisque j’appris après mon repos hebdomadaire que j’avais été tué sur le coup (raté, messieurs !) ; un autre qu’il faut être humble et laisser toute la route à ceux qui la veulent toute à eux et détestent être dépassés par ‘un qui n’est même pas d’ici’… des casses, bonheur de carrossiers, quelques bandes de sparadrap…

Mais, ces retours nocturnes sur des routes désertes, d’endroits où ceux que je conduisais vietnamisaient entre eux en veillant à ce que jamais ne se vit le fond de mon verre !... Ma somnolence bercée par leurs ronflements abandonnait le volant entre de meilleures mains sans doute.

Alors, vraiment, les accidents existent-ils ?

Combien d’yeux, de doigts, de membres manqueraient à mon anatomie si chaque mauvais geste avait reçu la sanction normale ?

J. Renard disait qu’il n’avait jamais eu la chance de rater un train qui avait déraillé ; moi non plus, et je n’en ai pris aucun qui ait déraillé ! Il s’en faut de si peu parfois pour qu’une chose change de route et n’arrive pas !

J’ai lu quelque part : "Le héros est celui qui a la malchance d'être au bon endroit au mauvais moment et est assez con pour y rester !", peut-être suis-je une sorte d’antihéros ?

Existe-t-il quelque part un lieu où lorsqu’il pleut il ne faut pas chercher à courir pour passer entre les gouttes, il suffit d’aller plus lentement qu’elles et les laisser passer devant !

Il existe toujours un lieu où les choses invraisemblables se produisent, celui où je suis le pire des nuls et cet autre où je suis un pur génie !

samedi 12 janvier 2008

Un jour parmi...

Mais quel oiseau fait un tel tapage le matin lorsqu’arrive le quart avant sept heures, que ma cuillère rame dans le pot ‘soir & petit-déjeuner’ ? Un petit, un gros, un beau ou bien un laid ? Qui sait, il se cache. Ce n’est pas un de ces m’as-tu-vu de coq gaulois ni d'un fier comme un merle, … il se cache, enfin, il ne se montre pas !

Il n’est pas du genre qui fait ronfler et vrombir son moteur pour montrer qu’il a un moteur, lui, et que ce moteur sait se faire entendre ! C’est un discret, un messager qui s’efface derrière son message.

Discrètement caché, il tonitrue et appelle « t’es prêt, bol de riz ? » d’autres le relaient et, lorsque je me mêle de lui répondre sur ce ton, il s’emmêle et bafouille : « t’es prêt-ê-êh » ! Ce cri métallique et brutal ne dure pas longtemps ; l’oiseau s’enfouit dans la haie ou s'envole vers un ailleurs, son appel se noie dans ceux des autres ; dans l’après midi on l’entend encore parfois mais discret, lointain !

Ce matin, il m’a fait penser à l’appel du muezzin qu’on entend si fort le matin et dont la voix se perd ensuite dans le brouhaha de la vie qui l’absorbe. Ni petit, ni gros, ni beau, ni laid, je n’ai pas vu d’oiseau ; je n’ai vu qu’un gecko sur une branche de la haie quand je suis allé enlever la pierre qui bloque le portail !

La dame d’affaires qui me loue ce logis a décidé de rehausser les portails pour qu’ils soient hors d’eau quand la vons s’inonde et qu’ainsi la maison en contre bas reste sèche. Le maçon a bien remonté le portail mais n’a pas pensé à la serrure dont une moitié bée trente centimètres au-dessous d’un pêne qui se recroqueville dans la feuillure ! J’ai bien vu qu’il n’y avait pas du tout pensé quand il m’a dit qu’il finissait 'là-bas' et reviendrait avec un burin, c’était il y a deux jours ! Comme a dit le peintre : « s’en fout, l'a été payé ! »

Un tout petit, noir violacé avec un long bec courbe, tchipp-tchippe ses bonjours de branche en branche. Le soleil que l'harmattan faisait lunaire au-dessus des palmes, chauffe agréablement maintenant.

Je remettrai la pierre ce soir !

samedi 29 décembre 2007

Un petit peu d'ici !

Pour un visa, je suis allé en ville, la très polluée sous-capitale. Curieux pays où les taxis voitures ne vont pas dans certains quartiers, sous prétexte qu’il n’y aura pas de client à prendre, mais ceux qu’on y voit passer refusent les clients… J’ai marché longtemps, jusqu’à ce que je demande à un quidam quelle rue était dans la bonne direction ; j'étais bien tombé, c'était un ‘rabatteur’ et je me suis retrouvé bientôt assis et en route ! Ouf !

Ce qu’ailleurs on nommerait trottoir, sale, encombré d’activités diverses et de voitures, comporte une sorte de canal ou de caniveau couvert qui draine le plus d’eau qu’il peut vers quelque collecteur… tous les quelques pas, des regards pour le curage, parfois l’une des deux plaques de couverture est tombée à l’intérieur ou a été enlevée et l’on se trouve devant une béance sordide, cloaquesque, où mieux vaut ne pas tomber ; le très superstitieux et méfiant F. évitait de marcher sur ces plaques…

Devant un ‘atelier par terre’, face à la rue, sans souci de ceux qui passent, un homme jeune , je n’ai pu dater son visage, garde la tête baissée, il s’occupe à orienter le jet dans l’interstice entre deux plaques, tranquille, il pisse ! Les gens passent indifférents à l’artiste, son outil, son œuvre (tout dans le mille !).

J’aime aussi fréquenter l’étal à l’angle lointain d’une vons ; les oignons et les piments y sont plus beaux qu'ailleurs…

A la demoiselle au jeune torse nu qui, l’autre jour, tentait de remonter une pyramide de boîtes de tomate, j’ai parlé de mon projet d’acclimatation d’un tomatenboîtier, cela serait une économie de ne plus devoir importer de Chine ou d’ailleurs ces petites boites rouges et rondes à 100 francs !

Je n’ai pas eu de succès, comme toujours ici, mon humour ne suit pas les bonnes pentes ! Les yeux s’écarquillent encore lorsque j’évoque une feuille qui tombe en cascade et demande si le soupir qu’on entend est le sien ou celui de l’arbuste ou de la haie !

L’oignon, essentiel à ma sauce, n’est pas au goût de tous, du moins sa vue en offense certain qui s’en écœure ; lambeau après lambeau il trie et sépare, il mange son riz froid ! Cet autre annonce un manque d’appétit pour bouder tout plat où se voit un lambeau, un éclat, une peau, un pépin ; puis il se fait un grand café au lait avec trop de lait, trop de sucre !

mardi 25 décembre 2007

Noël : cadeaux con.venus à échéance.

Si l’on dit que les cadeaux entretiennent l’amitié, ce n’est sans doute pas de ceux-ci, qui sont devenus des dus, des devoirs qu’il faut rendre à date fixe comme on paye un impôt, une facture…

Ce n’est point aimer que d’attendre qu’il soit l’heure, que soit le top donné, pour dire je t’aime et j’ai voulu t’offrir ceci…

Ce sont plutôt ceux que je n’aime pas que je servirais ainsi !

Quand on aime, c’est tous les jours et en chaque instant que l’être aimé est derrière un voile de pensées, il est si présent que lorsqu’une fleur nous sourit on veut la lui montrer, qu’un quelque chose nous parle de lui et l’on veut l’en parer…

Depuis des jours, à ceux que l’on croise, l’on souhaite de passer de bonnes fêtes, c’est devenu un tic absurde, si absurde qu’hier en donnant de ta part vingt cinq francs à une gamine qui essuyait d’un revers de sac un quignon récupéré, je n’ai pas manqué de lui souhaiter de bonnes fêtes !

J’ai pensé trop tard à l’inviter ; je n’aurais sans doute pas laissé cramer les haricots du souper (les fourmis et autres oiseaux en eussent été privé ce matin, il est vrai) ; mais elle avait déjà passé le coin quand l’idée m’est venue et je ne cours pas vite !

Il faut que tu penses aussi à faire parfois un geste de ma part, il y a tant de choses que je ne sais pas voir, ne peux pas voir !

C’est cela l’esprit de Noël, ça s’écrit avec un A et un I qu’on fait suivre d’un M et d’un E et encore d’un R en manière de canne ! Et cela peut s’écrire partout, sur tout, comme LIBERTÉ qui est un de ses aspects.

Un enfant dans une crèche il ya plus de deux mille ans… ? Oui, qui nous crie, nous hurle de nous occuper de ceux d’aujourd’hui !

Ce n’est pas d’un peu de notre superflu qu’il veut, pas d’un mégot, pas de restes (ils sont pour les fourmis, les oiseaux, les margouillats…), mais de notre nécessaire !

jeudi 20 décembre 2007

Haricots de fête

Quand on a nom ‘Auguste’, il va de soi que tout désir devient ordre ! Pour sa visite, Auguste souhaitait des haricots, il fallait donc préparer des haricots ! Ils aiment à faire trempette une nuit, à méditer sur les vicissitudes de la vie de haricots, avant d’être mis au pot.

Mais auparavant, il faut trier et ôter les indésirables bouts de n’importe quoi, comme jadis à la veillée se triaient les lentilles du lendemain ! Je venais de m’y mettre quand, obscurité soudaine dans la cuisine, délestage !

Une bougie pour m’éclairer, j’ai poursuivi ma tache dans le salon, cassé sur la table basse, maugréant contre ces gens qui… ces gens que… enfin, ces gens qui m’empêchent de trier sereinement mes haricots à la cuisine !

Quand le tri me paru fait, j’allais pour les laver et, ce que, le nez sur mes haricots et les yeux dans l’ombre de la bougie, je n’avais pu voir, la cuisine était éclairée ! Alors j’ai trempé mes haricots en maugréant contre ces gens qui, ces gens que, ces gens qu’enfin … !

Et, à l’heure de les mettre au pot, je m’aperçois qu’au fond, je fais toujours la même cuisine : de l’oignon, de la tomate, de l’ail et du piment et ces autres choses qui peuvent se trouver ou passer à portée : je fais de la sauce ; le riz, les pâtes, l’igname ou le gari ou le je ne sais quoi qui se trouve là, ne sert en fait que de garniture, d’accompagnement à ma sauce, le génie est dans la sauce, pas dans les haricots !

Ce matin de Tabaski (Aïd El Kébir) j’ai entendu se plaindre un mouton qu’il ne voulait pas aller à la fête, qu’il n’aimait pas la fête ; surtout qu’on l’avait séparé de ses frères, qu’il n’avait pas même eu le temps d’aller saluer son vieux père, on l’avait lié par les cornes, entravé et emmené sans douceur ; dans ce lieu qu’il ne connaît pas, où il ne connaît personne, où l’on parle de fête ! Il ne comprend pas ce qu’on veut et attend de lui, mais enfin, pourquoi donc personne n’explique jamais ?

samedi 15 décembre 2007

Convois obitaires

Assis aux fenêtres des voitures de tête, caméra à l’épaule, ils filment le cortège. Des motos-taxis (zems) et d’autres, encadrent les voitures, lentes, d’un cortège qui se veut majestueux.
Des voitures remplies comme on sait le faire ici ; soutanes blanches des fidèles du christianisme céleste (avec la charlotte assortie pour les dames); boubous ordinaires, jeans aussi !
Dans un break de l’église de la repentance, un cercueil dont je ne vois que le couvercle entre les épaules de son escorte.
Derrière, un fourgon pulse une musique de circonstance, des trompettes de la Nouvelle Orléans !

Seul avec son chauffeur, un autre cercueil suit dans un corbillard qui, par discrétion pour ceux qui le précèdent, a éteint sa sirène, mais laissé tourner son gyrophare.

D’autres voitures mortuaires, vides, les croisent ; le samedi serait-il jour d’enterrements ? Oui !

Un autre convoi funèbre m’attend à la maison ! D’une araignée (soleil noir ?) linceulée de soie, que conduit une fourmillante foule de petites noires.

Des hommes jettent des pierres (des grosses) sous une haie ; on me dit qu’il y a un serpent !

Une sorte de rat longe la voie et sa queue fait un sillon dans le sable (mieux que le Petit Poucet !), puis il veut traverser, il hésite, avance, recule, me regarde comme s’il attendait que je lui ouvre le passage entre voitures et motos ! Un temps mort, il se lance et pédale de toutes ses pattes, une moto fonce, il semble passer à travers les rayons et finit sa traversée en cahotant sur trois pattes ; la moto est loin, pas de constat ; l’animal s’enfonce entre des plants de gombos.

Cérémonieux, le garde transporte la bête au bout d’une perche ; identification difficile mais cela ressemble à une couleuvre ; un des exécuteurs a emprunté une houe et désigne un rond d’herbe où faire la sépulture.

Un homme sentencieux affirme « tous les serpents peuvent mordre ! » !
C’est vrai, de même, tous les hommes peuvent penser, voire réfléchir, ça ne veut pas dire qu’ils le font tous, ou le font bien !

La haie, contre le mur de l’école, de grands arbres peuplés de dizaines de couples de tisserins, a été abattue ; les troncs et les plus grosses branches ont été débités en tronçons, les nids morts pendent au milieu des feuilles flétries, le silence est mortel en lieu de ce babil tonitruant qui ombrait le chœur des élèves récitant leurs leçons !
Où sont-ils allés, ces gros oiseaux jaune et noir qui s’effrayaient tant de mon passage quand ils cueillaient des fils déchirés aux palmes de la vons ?

mardi 27 novembre 2007

CONVOI D'ANANAS..

Deux minibus et trois 504 Peugeot bâchées se suivaient, pleins jusqu’à la gueule d’ananas sagement rangés. Une Peugeot tout à coup s’écarte et se range sur le bas côté, les autres l’imitent.

« Damned ! » dit le chauffeur en descendant, grattant son crâne rasé par-dessous sa casquette de base-ball jaune retournée !

C’est la crevaison !

Alors, il faut décharger, la moitié devrait suffire, un gros mètre cube tout de même ; c’est que la roue de secours est dessous et aussi que le cric manquerait de force !

Bien sûr, je brode, nous n’avons fait que passer le long des véhicules qui embaumaient, de la roue déchirée, de la pyramide verte et jaune des fruits mûrs !

Mais c’est vrai que cela sentait bon, une distraction bienvenue dans le paysage olfactif des gaz d’échappement, même l’air en paraissait moins bleu et les cris des autos semblaient plus musicaux (pas chant d’oiseaux tout de même !).

mardi 20 novembre 2007

Moustique

Ô moustique zonzonneur,
Te voici bien raisonneur
Qui me donne cent raisons
De t’aimer de mon torchon !

D’un grand splatch ! en t’écrasant
Sur le mur verse mon sang !
Mais déjà, autre amoureux
Voici ton frère en ces lieux !

Qui s’en vient, gai zonzonneur,
Rassembler les raisonneurs
Tous en quête du bonheur

Qu’il y a de tant aimer
De sang frais se bien goinfrer
En toute fraternité !

mardi 13 novembre 2007

FRANCOPHONE OU FRANÇAIS ?

La langue française n’est pas la propriété de la France pas plus que du peuple français. Une langue n’a pas de propriétaire mais des utilisateurs et chacun s’en sert aussi bien qu’il sait le faire et selon qu’il la sent et l’aime. Une langue évolue naturellement par l’usage, c’est lui seul qui modifie l’orthographe, ajoute tel mot, oublie tel autre, les autorités académiques, ceux qui se veulent prêtres du langage ne font qu’entériner, à tort parfois quand ils ne tiennent pas compte du côté mode de certains mots ou expression !

Ceux-là ne se sont guère fait entendre, ce me semble, quand des politiques se sont arrogés le droit de décider que tel mot devenait licite ou bonne telle façon de l’écrire, ils outrepassaient leurs droits ; certains font de la résistance passive et refusent de féminiser les noms de fonctions, préfèrent envoyer des courriels plutôt que des ‘mail’ et trouvent le clavardage plus convivial que le ‘chat’, que peuvent-ils faire de plus ?

Nos frères francophones non hexagonaux n’ont pas réagi non plus avec beaucoup de force quand était dénaturé ainsi le bien de tous pour la satisfaction de quelques uns ! C’est dommage, ce qui évolue « par décision supérieure » n’est jamais qu’un fait de dictature, qui n’a rien à voir avec l’esprit de la langue !

Modifier la dénomination d’un organisme peut en modifier le fonctionnement autant que l’esprit : l’Education Nationale ne se nommait-elle pas Instruction Publique dans un temps pas si lointain ? Quand l’éducation était essentiellement à charge des parents et l’instruction à celle de l’école et de ses maîtres !

Mais en devenant mal entendant, le sourd n’en devient-il pas mieux entendant ?...

vendredi 9 novembre 2007

NOCTURNE

Celui qui, les nuits dernières grillonnait derrière ma valise ne s’est pas fait entendre, il n’a donc pas suivi celle que j’ai changé de coin ; par contre, comme halée par quelque comète errante, une lueur clignotante circulait sous le plafond, vue de près, c’est une bestiole qui ne paye pas de mine mais quelles lueurs, étonnant, vraiment ! Selon tante Wiki, il en faudrait 5000 pour éclairer autant qu’une bougie, il s’agit d’un lampyre ou luciole de l’une des 2000 espèces que compte cette famille de coléoptères.

Ce soir, ce chauve-ci béatait des sourires en regardant virevolter en folle sarabande un bataillon de chauve-souris. Elles viennent au ras des toits mais bien trop vite pour que je puisse en voir les visages, quant à les identifier, il ne faut pas y songer ; quoique grandes, leur taille est moindre que celle des éléphants qu’elles surpassent cependant nettement par la vivacité !

Les moustiques, sans doute prévenus, ont attendu leur passage pour sortir de leurs casernements ; et, pendant ce temps-là, quelques unes de ces minuscules fourmis voraces (des iridomyrmex humilis sans doute) grimpaient à l’assaut de cette aubaine de chair fraîche, à moins que ce ne soit quelqu’autre bestiole ; mais qu’importe, pourvu qu’on ait la gratte, n’est-ce pas ?

Ici, zone civilisée, la nuit manque d’étoiles et la lune elle-même n’éclaire pas les fenêtres ; des tubes, des ampoules, gaspillent généreusement les watts ; pas de lampadaires, non, des riverains qui éclairent leurs façades et leurs bouts d’espace devant la rue !

mardi 30 octobre 2007

QUITTER,

L'hirondelle m'a dit :
Prend ton sac, allons-y !
Hirondelle, ma mie,
Va devant, je te suis !

L'hirondelle m'a dit :
Viens, chez toi c'est ici !
Hirondelle, ma mie,
Demain je pars d'ici !

Le mercure tourne vers zéro,
Les cimetières se font beaux,
Rester plus, je ne suis pas chaud !
Quand vient la fin de l'été,
C'est au sud qu'il faut aller,
L'hirondelle à ses côtés !

dimanche 7 octobre 2007

Les locataires

À la fin de cet été, des épeires ratichones se sont invitées à ma fenêtre ; de l'autre côté de la vitre, elles sont dix tisseuses de voiles ; dix tisseuses qui m'évitent de frotter : je suis poli, discret, n'aime point déranger !
Elles font et défont des toiles irrégulières (à la règle épeire bien sûr) bien plus souvent qu'une maniaque ménagère ne lave rideaux ou voilages, soir et matin.

Sans doute attirés par la lumière de ma lampe chinoise, aux verres fleuris d'oiseaux, les insectes foncent et ne voient pas ces rets discrets ; je ne sais, mais imagine, si ne vois rien ; en tous cas, ces dix là ventripotent gentiment.

C'est à cette époque-ci qu'une épeire, leur tante peut-être, était entrée squatter ici, se faire archiviste un temps, et disparaître sans adieu, juste avant que je ne prenne la route des hirondelles, l'an passé.

Je reprendrai cette route bientôt, laissant le champ libre (l'espace plutôt) à "Tégénaires & Cie" qui pourra élargir son territoire bien au-dessous des linteaux - elles savent que, plus bas, leurs fils se prennent à ma barbe (je me vante !), m'enragent et font sortir le balais qui crie et peut même engloutir les imprudentes qui se cachent à ma vue (les visibles qui ne se sauvent et restent coites sont sauves !)- !
Sans doute sera-ce une autre chanson qui vibrera leurs cordes, à mon retour, (penser à les prévenir d'un coup de fil !).

vendredi 24 août 2007

Mon pot' au feu 2

L'autre jour dans mon pot, avec l'ail, l'oignon, le piment et la tomate, j'ai mis une poignée de mûres, de framboises prises au jardin. Avec le riz, les olives à feu doux j'ai laissé bien mijoter.

Ah ! Le mariage des couleurs, des goûts des saveurs !... Une prière que ce plat !

Las, les mûres, les framboises, étrangères venues des branches du jardin, qui tant ont donné parfum, couleur et chair ne se sont point départies de leurs traditions qui, pépins coriaces, sont restées au pot, étrangères !

lundi 6 août 2007

NE FAUT-IL PAS

Être pacifique et non pas être pacifiste,

Être bon et non pas faire le bien,

Être juste et non pas rendre la justice,

Écouter et non pas entendre seulement,

Laisser prendre et non pas offrir seulement,

Servir, sans devenir servile,

Utiliser, sans s'approprier,

Être, plutôt qu'agir ou faire,

Agir, sans être acteur,

Croire, sans devenir zélateur,

Aimer, sans devenir esclave ni maître,

Écouter celui qui murmure dans notre cœur plutôt que celui qui hurle à notre oreille ?

dimanche 5 août 2007

LE SOLEIL,

Jamais ne retourne les pierres ; sa lumière, jamais n'éclaire les souterrains ! Si le Mal est de ne pas être baigné par le soleil, le péché n'est-il pas alors de rester à l'ombre des cavernes, des tunnels ?

Jamais il ne se préoccupe de qui a semé la graine ; ce ne sont qu'enfantillages d'humains de prétendre que ceci est bien et cela mal, que celui-ci est juste et celui-la mauvais !

Et si le soleil est, bien davantage qu'un patriarche barbu sur son nuage, l'image compréhensible de Dieu, prier ne serait-ce pas sortir de l'ombre, se rendre accessible à la lumière, se rendre disponible à la grâce ?

jeudi 11 janvier 2007

Mon pot' au feu !


Ce que c'est que l'habitude !

"Je ne mange pas la tomate !" "Ce n'est pas comme ça qu'il faut faire !"

Ah ! cuisiner ici ! L'igname se cuit d'une part et la sauce se cuit d'autre part ; mais moi je mélange et use d'un seul pot ; à l'igname se mêle le piment, la tomate, l'oignon ; les parfums s'échangent et se mêlent. Mais je n'ai pas l'objet ad hoc pour écraser, et, même coupés fins, piment, oignon ou tomate conservent un air d'origine et les graines se distinguent, qui disparaîtraient au broyage. Alors : "je ne mange pas cela ! Il faut que cela soit broyé !" Vraiment, quel cuisinier je fais qui, jamais ne vit sa grand-mère refaisant les gestes de sa mère-grand !

Dans un seul pot mis au feu, je mêle ce que ma main trouve, qui plaît à mon oeil et fait clignoter mes papilles par avance. Tout mitonne et cuit ensemble ; dans le pot se mêlent et s'échangent les saveurs tout autant que les couleurs et je ne sers pas de ceci accompagné de cela mais de quelque chose dont chaque élément garde son originalité, mais teintée de l'accent de chacun de ses camarades de fortune !

C'est ainsi que j'aime à manger et à celui qui dit encore "soupe Michel pas bon !" je laisse la place !

Mais, de tous les plats fameux qui règnent à l'export, ne sont-ce pas les pots au feu qui dominent : cassoulet, couscous, tajine...?

Au même pot, messieurs acceptez d'être mis ! Au même pot, messieurs acceptez que l'on s'invite ! Et, alors, "ce qui nous unit sera plus fort que ce qui nous sépare !"

Porto Novo 01/07