dimanche 7 octobre 2007

Les locataires

À la fin de cet été, des épeires ratichones se sont invitées à ma fenêtre ; de l'autre côté de la vitre, elles sont dix tisseuses de voiles ; dix tisseuses qui m'évitent de frotter : je suis poli, discret, n'aime point déranger !
Elles font et défont des toiles irrégulières (à la règle épeire bien sûr) bien plus souvent qu'une maniaque ménagère ne lave rideaux ou voilages, soir et matin.

Sans doute attirés par la lumière de ma lampe chinoise, aux verres fleuris d'oiseaux, les insectes foncent et ne voient pas ces rets discrets ; je ne sais, mais imagine, si ne vois rien ; en tous cas, ces dix là ventripotent gentiment.

C'est à cette époque-ci qu'une épeire, leur tante peut-être, était entrée squatter ici, se faire archiviste un temps, et disparaître sans adieu, juste avant que je ne prenne la route des hirondelles, l'an passé.

Je reprendrai cette route bientôt, laissant le champ libre (l'espace plutôt) à "Tégénaires & Cie" qui pourra élargir son territoire bien au-dessous des linteaux - elles savent que, plus bas, leurs fils se prennent à ma barbe (je me vante !), m'enragent et font sortir le balais qui crie et peut même engloutir les imprudentes qui se cachent à ma vue (les visibles qui ne se sauvent et restent coites sont sauves !)- !
Sans doute sera-ce une autre chanson qui vibrera leurs cordes, à mon retour, (penser à les prévenir d'un coup de fil !).

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