mardi 22 janvier 2008

Fauve,

A quelques pas, grise sur fond roux, une pelote se dépêche de traverser la vons, quittant un abri pour se réfugier dans un autre, fuyant quoi, cherchant quoi, qui sait ce qui hante la cervelle d’un rongeur ?

Je parle de rongeur, mais qu’en sais-je bien en fait ? Cet animal furtif, tout juste entrevu, parce que mon œil est lent à reconnaître les détails, je le classe parmi ces êtres dépréciés, jugés déplaisants, voire malfaisants, pourquoi ?

Timides et discrets, on leur attribue volontiers tous les méfaits dont on ne connait pas l’auteur ; notre espèce, si riche en menteurs, n’aime pas ceux qui semblent agir par en dessous, par derrière, ce qui est sournois comme une maladie, lancinant comme un remord, torturant comme le doute, l'angoisse..! Elle, si riche en individus sans foi ni loi, n’aime pas ce qu’elle nomme vermine ou parasite.

Nous ne classons pas d'emblée dans cette catégorie animale les lapins, cobayes et autres hamsters de compagnie, pas plus que nous ne classons dans son pendant humain les exemples et modèles par fonction : ministres, docteurs, maîtres, clercs ..!

Mais, qui sait si cet animal que je viens de voir, n’est pas un tigre, un lion ou quelque guépard venu, déguisé, visiter ce domaine de ses ancêtres que ceux de notre espèce se sont attribué ?

Je sais bien que c’est cela que j’ai vu et, si je ne l’ai pas reconnu, c’est parce que par sa magie le fauve laisse du flou dans l’image qu’il nous montre !

Aucun commentaire: