dimanche 13 janvier 2008

Vraiment, les accidents existent-ils ?

Hier,

Je pelais paisiblement l’oignon de ma sauce, mes verres troublés par les larmes, quand une vive brûlure me mordit le flanc ! D’une œil, je vis l’avide dame attablée, serviette au cou, béate, suçant-pompant !

Comme toujours, j’ai voulu la saluer d’un vaste splatch, j’oubliais le couteau, pointu, aiguisé de neuf... J’aurais pu en transpercer l’animal, me trancher la rate ou seulement balafrer le bras gauche qui, sous le choc, expédia sans frais l’oignon dans l’évier !

Je crois bien que la dame s’en est tirée indemne ! Et je n’ai, au flanc, que la marque du baiser qu’elle y fit ; nulle estafilade, nulle égratignure !...

Alors, vraiment, les accidents existent-ils ?

Lorsque, jetant un coup d’œil sur les années passées je vois les risques courus, les accidents frôlés et ceux qui n’ont pas eu lieu malgré les risques réels, notamment sur la route, je m’interroge !

Etait-ce un ange qui veillait sur moi ou était-ce ce moi dont je suis le véhicule qui redressait ma conduite par simple besoin de poursuivre sa route avec moi ? Une affaire de karma ?

Alors, vraiment, les accidents existent-ils ?

Mon premier accident sanctionnait mon orgueil de me croire meilleur conducteur que… tous ! J’étais seul en cause et le mur que j’ai embrassé n’a pas fait d’écart ; au lieu d’aller virer dans le chantier, j’ai voulu prendre le virage imprévu à travers la mare de graviers !

Les autres furent des rappels à l’ordre : l’un de ma popularité, puisque j’appris après mon repos hebdomadaire que j’avais été tué sur le coup (raté, messieurs !) ; un autre qu’il faut être humble et laisser toute la route à ceux qui la veulent toute à eux et détestent être dépassés par ‘un qui n’est même pas d’ici’… des casses, bonheur de carrossiers, quelques bandes de sparadrap…

Mais, ces retours nocturnes sur des routes désertes, d’endroits où ceux que je conduisais vietnamisaient entre eux en veillant à ce que jamais ne se vit le fond de mon verre !... Ma somnolence bercée par leurs ronflements abandonnait le volant entre de meilleures mains sans doute.

Alors, vraiment, les accidents existent-ils ?

Combien d’yeux, de doigts, de membres manqueraient à mon anatomie si chaque mauvais geste avait reçu la sanction normale ?

J. Renard disait qu’il n’avait jamais eu la chance de rater un train qui avait déraillé ; moi non plus, et je n’en ai pris aucun qui ait déraillé ! Il s’en faut de si peu parfois pour qu’une chose change de route et n’arrive pas !

J’ai lu quelque part : "Le héros est celui qui a la malchance d'être au bon endroit au mauvais moment et est assez con pour y rester !", peut-être suis-je une sorte d’antihéros ?

Existe-t-il quelque part un lieu où lorsqu’il pleut il ne faut pas chercher à courir pour passer entre les gouttes, il suffit d’aller plus lentement qu’elles et les laisser passer devant !

Il existe toujours un lieu où les choses invraisemblables se produisent, celui où je suis le pire des nuls et cet autre où je suis un pur génie !

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